Flèche Audax « Tour de Belgique » réalisée par Thierry Larcher

En feuilletant le calendrier AUDAX, je vois inscrit l’existence de deux flèches pédestres permanentes, notamment celle intitulée « Tour de Belgique ». C’est une randonnée longue de 860 kilomètres.

La Belgique, nation de Brel, Simenon, Merckx entre autres. C’est un pays, certes de moindre superficie, mais un pays reconnu et qui tient une place importante dans l’Union Européenne.

J’ai une petite expérience, concernant les flèches pédestres AUDAX, pour en avoir réalisé deux, ces deux dernières années. Toutefois, celle-ci a une distance que je n’ai jamais accomplie.

Je dois réaliser ce tour en dix sept jours maximum si je veux que celui-ci soit reconnu. Je dois également faire tamponner un carnet de route auprès d’organismes tels que mairies, offices de tourisme, commerçants ou autres. Ceci, dans des communes que je traverse. Faire tamponner ce carnet trois fois par jour est l’idéal. Il est également de bon ton d’expédier régulièrement une carte postale à la personne responsable des flèches AUDAX.

J’entreprends cette randonnée en autonomie. Je pars seul. J’ai un sac à dos d’un poids d’une douzaine de kilogrammes. Dans ce sac, j’ai du linge, un petit matelas gonflable, un poncho, des pièces administratives, des friandises, des pansements, deux gourdes, quelques paires de chaussettes et deux paires de chaussures.

Je pars le mardi 18 septembre 2012, à 09 heures 10, de la grande place à Bruxelles (Brussels). Auparavant, je suis passé devant le MANNEKEN PIS.

Je suis sur les traces de Jacky Servais, Baudouin Rossius et Roger Marquoi, trois grands noms des marches AUDAX. Ces trois personnes ont déterminé le parcours de ce tour de Belgique en octobre 1989, un tracé reconnu et approuvé par l’Union des Audax Français en 1990.

Je passe à proximité de l’Atomium, grand monument construit à l’occasion de l’exposition universelle de 1958. Je me dirige ensuite sur la ville d’Anvers (Antwerpen), la ville des diamantaires et qui a accueilli  les jeux Olympiques en 1920.

Jusqu’au dimanche 23 septembre 2012 le temps est clément pour la marche. Il ne fait ni trop chaud ni trop froid et il y a peu de pluie. Les routes empruntées sont passagères mais j’utilise les pistes cyclables situées de chaque côté de la chaussée. Je trouverai des pistes durant les trois quarts de cette randonnée.

Je suis dans une campagne belge où, durant cette période de l’année, je peux remarquer beaucoup de champs de maïs. Je vois également des prés destinés à l’élevage, en grande majorité l’élevage de bovins.

Durant ces premiers jours j’emprunte des routes qui me font longer ou traverser des canaux. Ceux-ci sont régulièrement utilisés par des péniches destinées aux transports de diverses marchandises.

Les élections municipales d’octobre prochain « imposent », dans le paysage local, les portraits des candidats. Je peux en voir dans les cours des habitations, sur des panneaux installés dans les champs, sur des véhicules, etc.

Il m’arrive, de temps en temps, de m’alimenter dans les friteries, une restauration qui propose des plats riches en calorie. Ces établissements sont régulièrement fréquentés par la population locale. A mon sens, les friteries font quasiment parties du patrimoine belge.

En Flandre, les sandwicheries ont également un certain succès le midi. Pour ma part, j’apprécie particulièrement les casse-croutes qui y sont proposés.

Durant ces six premiers jours, je passe dans les villes de Sint Niklaas (où je peux voir la statue géante de Saint Nicolas, au pied de l’hôtel de ville), Gent, Brugge et ses canaux, Torhout, Oostende.

Je longe alors, pendant plusieurs kilomètres, le littoral de la mer du nord. J’y vois des statues de personnages de bandes dessinées. Le passage du tramway, La Panne – Knokke Heist, qui suit ce littoral belge est, à mon avis, atypique.

Je marche en moyenne une soixantaine de kilomètres par jour, ce qui m’emmène jusqu’à environ 22 heures 30.

Le vendredi 21 septembre 2012, soit quatre jours après être parti, j’ai une journée d’avance sur les prévisions. C’est bon pour le moral et cela me permet de voir venir, dans le cas ou il surviendrait un problème.

Pour le moment, je m’interdis de compter le nombre de kilomètres que je dois encore effectuer. Je compte seulement les kilomètres que j’ai réalisés; comprenne qui voudra.

Côté physique, je n’ai pas de problème particulier. Quelques ampoules aux deux pieds, mais ça ne me gêne pas outre mesure.

Le samedi 22 septembre, la traversée de la ville d’Ypres (Ieper) est poignante, lorsque je passe devant le mémorial destiné aux soldats britanniques, victimes de la première guerre mondiale. Cela ne peut pas laisser indifférent. D’ailleurs, pendant cette longue randonnée, je vais passer régulièrement devant des monuments qui témoignent des différentes batailles qui se sont déroulées, soit pendant la grande guerre, soit pendant la seconde guerre mondiale. Mon passage, que je ferai une semaine plus tard, au cimetière américain à Henri Chapelle est un grand témoignage de ces conflits.

Le 23 septembre dans la matinée, je passe à Warvick. Ce dimanche là, il s’y déroule une grande randonnée pédestre. En fin d’après-midi, après une escapade à Roubaix, je suis à Tournai. J’y admire la grande place (sur laquelle se trouve la fête foraine) et la cathédrale.

A partir du lundi 24 septembre 2012, la météo est mauvaise. Ce jour là, il pleut et dans l’après-midi, le vent est fort. Cela peut être démoralisant. Ça fatigue les organismes, notamment les pieds.

Durant cette deuxième semaine, je peux voir le château de Beloeil, la collégiale de Soignie, le beffroi de Mons. J’ai maintenant effectué plus de la moitié de la distance. Cela met du baume au cœur et, dans mon esprit, ça occulte un peu cette mauvaise météo.

Je passe à Binche, ville célèbre pour son carnaval. Binche, c’est la ville où se réunissent les célèbres Gilles, le jour de mardi gras.

Dans cette région, des personnes m’apprennent, que j’emprunte la route de Saint Jacques de Compostelle. Quelques kilomètres avant d’arriver à Mont Sainte Geneviève, une femme accompagnée de sa fille m’avait pris pour un pèlerin. Cette dame m’avait proposé de m’héberger pour la nuit. J’ai trouvé la proposition sympathique et je l’en ai remercié. J’ai toutefois refusé son offre, car je voulais marcher encore quelques kilomètres.

Le jeudi 27 septembre 2012, c’est une autre journée pluvieuse. Je dois attendre le lendemain pour retrouver une météo clémente.

Le 28 septembre, je passe à Hotton où je vois la place du chat de Philippe Gelluck. Mon périple me conduit alors dans les Ardennes. Là, les paysages changent. La région est plus vallonnée et forestière.

Samedi 29 septembre 2012, je passe devant l’abbaye de Stavelot, la basilique de Malmedy et je traverse la réserve naturelle de la haute Fagne. J’y croise des trailers qui ce jour là, effectuent une course de 38 kilomètres.

En fin d’après-midi, je suis dans la ville d’Epen, cité germanophone. Je trouve les habitations du centre ville jolies et différentes de ce que j’ai pu voir, jusqu’à maintenant.

Désormais, j’ai deux jours d’avance sur les prévisions. En ce qui concerne ma condition physique proprement dite, je n’ai pas de commentaire. Pour ce qui est des pieds, après une journée de marche, je les sens fatigués. Les mollets sont un peu durs, mais après une nuit de sommeil, tout rentre dans l’ordre.

Le moral est bon. Maintenant, je peux commencer à compter le nombre de kilomètres qu’il me reste, jusqu’à l’arrivée. Cela permet de me booster.

Le dimanche 30 septembre 2012, je passe devant la belle cathédrale de Tongeren. Je me rends ensuite dans la petite ville d’Oreye. Là, en cette période de l’année, je sens bien l’odeur de betterave chaude, que dégage la sucrerie. Je me dirige ensuite à Liège, où je termine mon étape.

Le lendemain, ma randonnée se déroule durant une bonne partie, non loin de cette grande ville francophone. Je passe ensuite, à proximité de la brasserie située à Jupille sur Meuse. Je termine ce jour de marche par une route grimpante qui me mène à Banneux Notre Dame. Lorsque j’emprunte cette voie, je dois monter sur une distance d’environ cinq kilomètres. Je me fais alors la réflexion suivante: « mais quel est le plat pays » dont Jacques Brel parlait dans une de ses célèbres chansons.

Mardi 02 octobre 2012, c’est mon quinzième et dernier jour de randonnée. Il me reste une douzaine de kilomètres, avant de me rendre à Verviers, la ville d’arrivée. C’est à 10 heures 50, que je fais tamponner mon carnet de route, au secrétariat de l’hôtel de ville.

 

C’est terminé et je suis content d’avoir réalisé cette épreuve. Toutefois, il ne faut pas prendre ce périple comme un exploit en soit. C’est juste un défit que je me suis lancé.

 

Thierry LARCHER

 

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