« Mon Tour de France Randonneur Cycliste » par Thierry

Effectuer le tour de la France à vélo! j’ai ce projet en tête depuis plusieurs années. Je me pose toutefois beaucoup de questions. C’est un défit personnel qui doit durer près d’un mois. Vais-je être à la hauteur? Quels sont les problèmes qui peuvent survenir, auxquels je n’ai pas pensé et qui vont s’opposer à moi? Vais-je avoir le courage de partir? Les grands cols de montagnes que je vais devoir passer seront-ils ouverts à cette époque de l’année?

Sans prétention aucune, tout en restant réaliste et humble, je pense toutefois aux différents tours de France qui se déroulent pratiquement chaque été, depuis 1903. Mon Tour de France n’a absolument rien à voir. Je ne suis pas un coureur, simplement un cyclo randonneur. Je dois réaliser ce tour en trente jours maximum, si je veux que celui-ci soit reconnu. Je dois également faire tamponner un carnet de route, auprès d’organismes tels que des commerçants, mairies, office de tourisme ou autres, à certains lieux bien précis, toujours pour la reconnaissance et l’homologation de cette boucle.

J’entreprends cette randonnée en autonomie. Je pars seul. J’utilise un vélo de 9.6 kg. Cette bicyclette possède 3 plateaux (30.40.50 dents) et neuf pignons (12.13.14.15.17.19.21.23.25 dents).

J’ai installé un porte-bagages, sur lequel je pose pour 4 kg de linge et un petit matelas gonflable.

Je porte également un sac à dos qui pèse 4 kg, dans lequel se trouvent du matériel pour réparer en cas de crevaison, ainsi que des friandises, des papiers de route, des papiers administratifs, etc…

Deux bidons sont installés sur le cadre.

Je pars le 12 septembre 2011. Ma ville de départ est Talmont Saint Hilaire, située à une douzaine de kilomètres au sud des Sables d’Olonne, en Vendée.

Il est neuf heures. Un des moments clés, c’est justement de partir! En effet, je ne dois pas me désister. Je débute sous une pluie fine. J’effectue ce tour dans le sens horaire et j’espère arriver en Bretagne en fin de journée.

Ma stratégie est simple. Pendant les étapes où les parcours sont roulants, je veux effectuer un maximum de kilomètres. Ceci, jusqu’à l’arrivée aux pieds des Alpes.

Toutefois, je ne veux pas, non plus, user toutes mes forces dans ces étapes de plat, donc je vais pédaler à allure modérée. Les Alpes et les Pyrénées m’impressionnent. je n’ai pas d’expérience en haute montagne.

Avec une météo mitigée les deux premières journées, les trois jours suivants sont ensoleillés, avant d’avoir le week-end des 17 et 18 septembre pluvieux. Cette première semaine se passe relativement bien. Je roule normalement et je n’ai pas de problème physique. J’ai néanmoins des soucis mécaniques que j’arrive toutefois à régler.

Je traverse donc l’Estuaire de la Loire, en empruntant le pont de Saint Nazaire. Je passe près des menhirs en Bretagne. J’ai une belle vue du Mont Saint Michel. Je peux voir au large l’Île de Jersey. J’emprunte le pont de Tancarville pour traverser l’Estuaire de la Seine. Je passe à proximité des plages du Débarquement de juin 1944 en Normandie. Je fais signer mon carnet à l’office du tourisme d’Etretat, lieu des superbes falaises. Je vois la Baie de Somme sous la pluie. Je roule au bord de la Côte d’Opale, passant près des Caps Gris Nez et Blanc Nez. Voila le programme de ma première semaine.

Durant la seconde semaine, la météo est bonne. Le vent m’est toujours favorable.

Je traverse donc l’Estuaire de la Loire, en empruntant le pont de Saint Nazaire. Je passe près des menhirs en Bretagne. J’ai une belle vue du Mont Saint Michel. Je peux voir au large l’Île de Jersey. J’emprunte le pont de Tancarville pour traverser l’Estuaire de la Seine. Je passe à proximité des plages du Débarquement de juin 1944 en Normandie. Je fais signer mon carnet à l’office du tourisme d’Etretat, lieu des superbes falaises. Je vois la Baie de Somme sous la pluie. Je roule au bord de la Côte d’Opale, passant près des Caps Gris Nez et Blanc Nez. Voila le programme de ma première semaine.

Durant la seconde semaine, la météo est bonne. Le vent m’est toujours favorable. J’effectue des étapes comprises entre 170 et 224 km, du lundi 19 au samedi 24 septembre.

Pour cela, j’emprunte les « Routes des Eglises Fortifiées » des Ardennes. Je passe à proximité de cimetières militaires, non loin de Verdun, qui rappellent les durs combats de la Première Guerre Mondiale. J’admire les villages Alsaciens. J’aperçois le Mont Saint Odile et je longe le Rhin.

Les rives du Doubs, qui offrent des paysages différents, me marquent également. Je peux enfin apercevoir le Mont Blanc, lorsque j’arrive près de la ville d’Annemasse.

Le dimanche 25 septembre, c’est ma quatorzième étape et ma première étape Alpestre. « Que la montagne est belle », cette chanson de Jean Ferrat va raisonner dans ma tête durant toutes mes ascensions des différents cols dans les Alpes.

Gravir des sommets tels que les Aravis, la Madeleine (2000 mètres), le Télégraphe, le Galibier (2640 mètres), l’Izoard (2360 mètres), la Bonnette (2802 mètres) doit se faire avec humilité, sans précipitation et dans le respect de la Montagne.

Je grimpe avec prudence, en roulant à mon rythme. Les marmottes qui courrent près de la route, non loin du Col de la Bonnette, est une image qui m’interpelle, ceci à proximité de petits forts qui, à mon sens, sont les vestiges de la Ligne Maginot.

Ma quinzième étape est celle qui devrait rester encrer longtemps dans ma mémoire. C’est le jour où je grimpe le Galibier et l’Izoard, deux cols mythiques très souvent empruntés par les coureurs de la Grande Boucle.

Près du Col du Galibier, je passe à proximité du monument dédié à Henri Desgrange, créateur du Tour de France en 1903.

Mes distances, durant ces étapes des Alpes, sont longues de 125 à 130 kilomètres. Je quitte ce massil alpin le mercredi 28 septembre.

Je longe alors les bords de la Méditerranée. Ceci se fait sous un soleil digne des périodes estivales alors que nous sommes en automne depuis quelques jours. Cette mer donne vraiment envie d’y piquer une tête.

Je suis là, dans une phase que j’appelle de transition car je me trouve entre les Alpes et les Pyrénées.

Quelques monuments rappellent le débarquement de l’été 1944. Je traverse des régions avec de jolis paysages, telles que la Provence ou la traversée du Rhône, la Camargue et ses flamants roses, ainsi que les Corbières et les vignobles. J’effectue des étapes comprises entre 192 et 207 kilomètres pour arriver au pied des Pyrénées.

Ma première grande étape pyrénéenne est la 21ème, le dimanche 02 octobre. Je vais mettre quatre jours pour traverser cette chaîne montagneuse. J’effectue des étapes comprises entre 105 et 130 kilomètres, ceci par un temps digne des longues journées d’été.

Les cols de Puymorens, du Tourmalet (2115 mètres), du Soulor, de l’Aubisque (1709 mètres) sont le menu de cette chaîne de montagne.

Le 6 octobre, les Pyrénées sont franchies et je suis soulagé d’en avoir terminé avec ces étapes difficiles. Les jambes sont fatiguées lorsque je dois monter la moindre côte.

Je me dirige vers la Vendée via les départements des Landes, de la Gironde et de la Charente Maritime. La traversée de l’estuaire de la Gironde s’effectue par le bac. le Jeudi 6 octobre et le vendredi 7, le temps se dégrade quelque peu et je rencontre parfois la pluie.

Le samedi 8 octobre, j’effectue ma 27ème et dernière étape, qui ne sera longue que de 17 kilomètres. J’arrive à Talmont Saint Hilaire à 8h30.

A ce moment précis, je suis content et soulagé d’avoir réalisé cette boucle. Une joie plus forte surviendra, progressivement, les jours suivants.

Je pense alors à toutes ces personnes que j’ai connues, ou que je connais, pour qui le Tour de France à Vélo signifie quelque chose. Je n’ai toutefois fait qu’une randonnée longue dans le temps et, il serait mal venu de ma part de me comparer à l’élite mondiale du vélo. Je suis très loin de ce niveau.

Moralement et mentalement, j’ai eu des moments euphoriques et des moments plus difficiles, notamment lorsque des problèmes mécaniques sont intervenus. Les étapes montagnardes m’ont fait penser à ces grands moments forts, ou tragiques, que les champions de la petite reine vivent et font partager à un large public.

J’estime que les routes des Alpes et des Pyrénées sont la mémoire du Tour de France. Le monument érigé en l’honneur de Henri Desgrange, Créateur de la Grande Boucle, situé à proximité du col du Galibier, témoigne de cette mémoire. Même chose lorsque l’on voit, en haut du col du Tourmalet, le buste de Jacques Godet, ancien Directeur de cette même Grande Boucle.

Des monuments érigés çà et là, au milieu de ces montagnes, qui mettent à l’honneur de grands noms du cyclisme, sont à mon sens le signe que cet événement annuel fait partie du patrimoine français.

Durant mon périple, je suis passé dans 42 départements. Pendant cette randonnée, j’avais une impression bizarre, celle de me rappeler un événement survenu lorsque je me trouvais en Bretagne alors que je me trouvais dans le Jura! Entre-temps, j’avais pédalé 2000 kilomètres. Ou me remémorer un certain souvenir survenu en Normandie alors que je me trouvais en Alsace, à quatre jours d’intervalle, me donne un sentiment particulier. Parler à un Chti, entendre son accent et, 6  jours plus tard,  m’entretenir avec un Savoyard, au parlé différent, ceci me stupéfait.

En effet, durant cette période, je me suis déplacé uniquement à bicyclette. Aussi, voir le Mont Saint Michel et, onze jours après, faire l’ascension des différents cols alpins est inédit pour moi.

J’ai un sentiment de fierté mais il faut rester simple. C’est une épreuve que je ne pourrai oublier, mais ce n’est pas un exploit en soit, c’est juste un défi personnel que je me suis lancé!

Thierry Larcher

 

(ndlr: Brevet Randonneur validé par l’ USMétro que Thierry a réalisé entre les  12/09/2001 et 08/10/2011)

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