Mon premier 200 km Audax Cyclo

Il y a toujours une première fois, ma première licence FFCT en 1978 avec le Cercle Jules Ferry de Fleury les Aubrais, un premier brevet cyclo de 100km puis un premier 200km à 16ans.

Mon engagement dans l’armée durant 31 ans, quelques marathons, des raids pédestres  ou VTT sur de grandes distances. L’heure de la retraite et l’envie de renouer avec des efforts physiques adaptés à mon gabarit  font que la formule Audax me séduit.

Ce samedi 10 mai avec un entrainement essentiellement axé sur les brevets Audax pédestres, je prends le départ de ce 200km. Après l’engagement d’usage  et les recommandations  d’Alain l’un des capitaines de route, il est 06h30  je me faufile avec mon vélo couché et ma masse de 112 kg (homme + vélo) parmi les 15 autres cyclos bien plus expérimentés et légers que moi. Nous traversons le centre-ville de Gien encore endormie, nous passons sur la rive gauche de la Loire en direction de Chatillon Sur Loire. Le ciel est gris,  le vent fort du nord-ouest nous pousse sur cet itinéraire plat typique des bords de la Loire . Nous quittons le Loiret après Faverelles et une première pause ravitaillement  à Arquian (Km 45) à 08h15 est la bienvenue, boissons chaudes, sandwichs ‘’club’’ sont proposés par le couple Joëlle et Francis Richard. On ne s’attarde pas et le peloton repart en direction de notre prochain arrêt. C’est plus vallonné, le vent ne nous est pas favorable, je monte les côtes à ma main pour ne pas me mettre dans le ‘’rouge’ je me fais décrocher régulièrement mais je  bénéficie des descentes et du plat pour revenir sur le groupe en attendant la prochaine côte.

Le tracé est superbe car composé de routes peu fréquentées, vallonnées, tortueuses, découvrant çà et là de superbes panoramas, le soleil a fait son apparition, il est agréable de rouler. La pause ravitaillement à Druyes Les Belles Fontaines (km79) , un charmant bourg orné de vielles maisons de pierre, où les ruines d’un château dominent ce village. Nous reprenons notre progression, quelques belles montées me rappellent  mon handicap (de poids) mais je ne peine pas pour autant, Alain fera même attendre le peloton au sommet de l’une d’entre-elles plus pentue que les autres. Nous stoppons pour une troisième pause  à Fontenille (km107)  avant d’entamer le dernier  tronçon  qui nous emmènera à Vézelay  (BPF).

Les paysages sont toujours aussi bucoliques, le temps se maintien, le vent souffle par rafale mais le moral est lui au beau fixe, j’ai passé le cap des 100 km, aucune fatigue, aucune douleur (allongé dans le siège du vélo couché) j’ai même une sacrée ‘’pêche’’ ,sur le plat  je suis obligé de freiner, je n’ai pas l’habitude de rouler en peloton et les autres cyclos me semblent des géants. Une fois Alain en bon capitaine de route vient me récupérer à la fin d’une bonne montée et m’encourage ‘’ vas-y roule, tu récupères le peloton’’, à ce jeux là le vélo couché est bien meilleurs et c’est Alain qui a été surpris.

L’approche de Vézelay s’annonce, on se donne rendez-vous la haut, chacun à son rythme, je sais qu’Alain est loin derrière moi occupé à encourager un retardé. Devant, j’aperçois Jean-Luc qui s’arrête régulièrement pour prendre des photos, je l’aurai en ligne de mire jusqu’au pied de l’abbaye. Quelques minutes d’arrêt pour contempler ce site remarquable, certains vont même se recueillir dans ce haut lieu de culte. Il est 12h30 la faim commence à se faire sentir malgré les excellents et copieux ravitaillements, justement au terme d’une descente (j’apprécie aussi les côtes dans ce sens) l’auberge d’Asnières Sous Bois (km 127) ou plutôt Bouboule et Aziza (les surnoms et noms des tenanciers), accueillent le peloton, Le club offre un rafraichissement et c’est à l’unisson que nous avalerons les crudités, l’andouillette et les pates, fromage, dessert et café.

Après 1h30 d’arrêt nous repartons, je suis rassuré, il ne reste plus que 100km et le plus dur est derrière nous, Alain ne m’a pas tout dit, ‘’ tu as 50 bornes de bosses et de descentes qui t’attendent’’, je le vérifierai sur les kilomètres à venir en faisant constamment le ‘’yoyo’’ et le vent qui s’est renforcé et nous est défavorable rendra difficile mes retours sur le groupe. Bien qu’intercalé entre le peloton  et un retardataire, je roule seul face au vent mais je ne perds pas de terrain et je ne souffre pas. A Druyes Les Belles Fontaines (km 154) l’arrêt pour le ravitaillement me permet de  réintégrer le peloton.  Il reste encore 34 km de  avant d’en finir  avec ces routes en dent de scie, nous passons Grangette (km 167) , Saint Sauveur en Puisaye (km 177)  le ciel s’est obscurcie, au loin nous voyons des éclairs, les cyclos enfilent un imperméable, je ne  fais rien comme eux, au final, une pluie fine nous accompagnera jusqu’à Saint Fargeau (km 188). Depuis une quarantaine de kilomètre j’observais dans mon rétro une moto qui nous suivait sans jamais nous doubler, ce n’était pas un motard de l’A.N.E.C. ?  C’est à Saint Fargeau  que je comprends qu’il s’agit de Dominique et son épouse, deux marcheurs de notre club qui avaient décidé de nous accompagner sur une portion d’itinéraire. Maintenant je connais le reste du parcours,  40 kilomètres de pur bonheur, à peine contrarié par une dernière ‘’ côtelette’’ celle  d’Ouzouer sur Trézée. Avec le vent de face et ces conditions atmosphériques difficiles nous avons 20 minutes de retard à l’arrivée,  groupés nous sommes accueillis par quelques marcheurs dont Claude, Dominique Jean-Paul et son épouse Françoise . Le verre de l’amitié, la délivrance des brevets et quelques mots de chacun accompagnerons cette fin de journée.  Finalement cette formule Audax  reste une bonne solution pour accomplir des brevets de longue distance, l’entraide, l’allure régulée, ont aidé le néophyte que je suis; merci à Alain et Michel nos deux capitaines de route, merci à Dominique qui a été souvent à mes côtés pour m’encourager, merci à Jean-Luc le cyclo-photographe qui pédale avec des sandales avec qui je partage les mêmes idées du cyclotourisme.

Eric Lecordier.

Les commentaires sont fermés